Podcast : les bonnes raisons de laisser tomber son projet

by Les Makeuses | Les Makeuses, le blog

Bonjour chère Makeuse,

Aujourd’hui, on va discuter de toutes les bonnes raisons que l’on a de laisser tomber un projet. Si vous connaissez Les Makeuses, vous le savez, j’aime beaucoup m’appuyer sur le concret, et quoi de plus concret que mon expérience personnelle, 100% la vraie vie ? Le fil conducteur de cet épisode sera donc le projet « Les Makeuses » en lui-même.

Pour placer le contexte, ce podcast a été créé en janvier 2019. Je l’ai animé avec fougue pendant 3 mois et j’ai peu à peu lâché prise sans pour autant arrêter vraiment parce que ce projet, je l’aime d’amour et, à aucun moment, je n’ai pensé à le laisser dans un coin. Sauf que, quand on s’éloigne de quelque chose, il est ensuite difficile de s’en rapprocher de nouveau. On ne sait plus comment faire et surtout, les raisons pour lesquelles on s’en est éloigné sont toujours là, elles. J’ai donc entrepris un petit questionnement personnel qui va très certainement te parler. On va parler de trouille, on va parler de temps et on également parler de sens.

Petit disclaimer, je ne vais pas faire un plaidoyer pour la motivation, pour le « si on veut, on peut », ou tout le trip autour de la force du mental de gagnant. Je vais être très très loin de la culpabilisation : Avoir ou se trouver des excuses, c’est plutôt quelque chose de naturel, et c’est même un cheminement plutôt logique. La vraie question ici, c’est plutôt de ne pas avoir besoin d’excuses. Personnellement, c’est ce que je recherche.

 

Les bonnes raisons de laisser tomber

 

Le syndrome du chien fou : de la passion à l’écoeurement

 

Ne cherchez pas, ça n’existe pas et pourtant ! Je pense que ça va vous dire quelque chose. Je prends mon fil rouge : les Makeuses. Il faut savoir que c’est un projet qui sort de ma tête, de mes envies et qui a énormément de sens pour moi. Dès que je l’ai créé, j’ai embarqué d’autres entrepreneuses, mais j’ai mal accroché les wagons. Alors que moi, j’étais complètement à fond, je n’ai pas su leur faire une place et ça se comprend, mes ambitions et l’investissement que ça demandait (enfin, que ça semblait demander) étaient complètement fous ! Je rappelle que je parle d’entrepreneuses qui ont des business à faire tourner et qui sont énormément sollicitées, professionnellement et/ou personnellement.

Prise dans mon élan (estimé à Mach 3 à peu près), j’ai tout donné et je me suis fixée des objectifs très élevés : un podcast par semaine, un entretien par mois, une présence quotidienne et importante sur les réseaux sociaux. J’ai adoré cette période, c’était grisant, très riche et intéressant. J’ai notamment découvert des personnes et des projets fascinants, surtout sur Instagram. Et ça fonctionnait ! Mais quel rythme ! Si « les Makeuses » avait été mon seul et unique projet, pourquoi pas ? Mais j’ai une entreprise et je gère une dizaine de projets en même temps, en plus de mon administratif et aussi de ma vie personnelle que je ne relègue pas en fin de peloton. Les Makeuses, c’est un plus, pour kiffer, pas pour manger.

Aujourd’hui, je me demande comment j’ai pu me fixer des objectifs aussi surréalistes, toute seule, comme une grande.

Du coup, vous imaginez le résultat : beaucoup de frustration, évidemment, beaucoup de pression et de moins en moins de plaisir. J’ai délaissé les Makeuses et j’ai même délaissé mes réseaux sociaux pro et perso à tel point que des proches s’en sont inquiétés 😊

Bref, je me suis écoeurée toute seule.

La leçon : c’est beau cet élan magique qui se crée au début d’un projet, mais ce n’est qu’un élan. Il faut lui redonner de la vitesse pour que le mouvement trouve son allure de croisière. L’astuce donc est d’être réaliste avec les objectifs que l’on se fixe. Oui, une présence forte sur Instagram portera ses fruits (si le contenu est de qualité mais ça c’est une autre histoire),cependant une présence régulière, même à petite dose, apportera les mêmes résultats sur le long terme.

 

Je n’ai pas le temps

 

Les bonnes excuses

Quand on me demandait où j’en étais des Makeuses, je répondais toujours inlassablement : « J’ai mis sur pause, je n’ai pas le temps ». Avec les objectifs de dingue que je m’étais fixée, tu m’étonnes ! Une entreprise qui tourne à fond, ma jolie petite fille qui a besoin de moi ( et moi d’elle ! ), et un conjoint qui reprend ses études à 1h30 de la maison, j’ai toutes les excuses dont j’ai besoin pour avoir l’assentiment de mon interlocuteur. Mais en vrai, bien sûr que j’aurais pu. Tenir des objectifs irrationnels, non. Mais en faire un peu de temps en temps, oui ! Y aller tranquillement, deux moi oui !

Le temps ne passe pas si vite que ça

Oui, le temps ne passe pas si vite qu’on le croit. Et c’est moi qui le dis ! Moi qui me suis réveillée en Juillet avec l’impression de ne pas avoir encore digéré le repas de Noël. Mon propos ici, c’est surtout de relativiser. Il est très facile de tomber dans une faille spatio-temporelle parce qu’on enchaîne les tâches perso et pro à un rythme effréné. Cependant, qu’est ce que 6 mois ? Pas grand-chose au finalement. Oui, il peut se passer beaucoup de choses en 6 mois, mais du haut de mes 36 ans, je me rends compte que ce qui a le plus de valeur, ce n’est pas ce que j’ai construit en 6 mois, mais en 10 ou 15 ans. Ce sont les choses que j’ai apprises et expérimentées sur le long terme.

Lever la tête et regarder au loin est une bien meilleure chose que de foncer tête baissée jusqu’à l’épuisement, j’ai mis du temps à le comprendre.

La gestion des priorités

La question que je me suis posée, a été de comprendre pourquoi donc je n’ai pas été en mesure de trouver du temps pour ce projet que j’aime tant et la réponse est en fait assez simple : il ne faisait pas partie de mes priorités. J’ai consciemment et inconsciemment choisi de faire passer certaines tâches avant Les Makeuses. Avec le recul je peux même dire que j’ai tout fait passer avant les Makeuses. Mon activité principale a pris beaucoup plus de place que prévu, le premier trimestre que je pensais être calme a été très riche en nouvelles collaborations. J’ai donc eu plus de clients et plus de travail. Logique. Or, je suis bien organisée, c’était une excuse en or mais, objectivement, je sais que ce n’est pas ça qui m’a empêché de trouver une demi-heure par-ci par-là pour mon projet. J’ai surtout cru que le temps que je ne passais pas sur mes dossiers – et donc à gagner des sous pour remplir le frigo, était du temps perdu (hormis celui consacré à ma famille bien entendu). Or, il y a eu des dossiers, peu passionnants, voire décevants. Rémunérateurs, certes, mais super prises de tête.

Pourquoi passer en priorité les choses que l’on aime le moins ? Pour s’en débarrasser plus vite ? Breaking news : ça ne marche pas. Si tu te forces à faire quelque chose que tu n’aimes pas, ton état d’esprit n’est pas du tout adapté et tu vas y passer plus de temps. Alors que si tu as commencé par kiffer ta journée, tu seras complètement opérationnel.le pour enchaîner avec une tâche moins intéressante.

 

La trouille, la pétoche et toute l’équipe des jambes qui tremblent

 

Bon, là, rien d’étonnant. Quand on entreprend (quoi que ce soit d’ailleurs), le premier message que nous envoie notre cerveau adoré c’est en résumé : « Wow, je connais pas ça ! C’est peut-être dangereux. Si ça se trouve tu vas mourir ! Et si on faisait plutôt quelque chose qu’on connaît, dis ? Ou rien du tout, té, rien du tout, c’est bien ça, rien du tout. »

On a beau avoir confiance en soi, confiance en son projet, il y aura toujours des moments de doute, des coups de mou ( ne serait-ce que physiques, perso j’ai eu la gastro juste avant de lâcher les Makeuses, alors je n’ai pas dit : « Je mets sur pause parce que j’ai eu la gastro », mais cette fatigue physique a eu son petit rôle dans cette histoire). C’est normal.

Dans mon cas, pour reprendre le fil rouge, j’ai lâché prise et j’ai lâché ce projet, comme un sac inutile depuis une montgolfière en perdition. J’ai pris conscience que j’avais trop de blocages et qu’il allait me falloir du temps pour remettre les choses en place et rassurer mon cerveau : « Non non mon grand, poster des images sur Instagram ne va pas te tuer. Publier le podcast sur iTunes pour le rendre accessible au plus grand nombre non plus, promis ! »

bonnes raisons de laisser tomber son entreprise

Les bonnes raisons de continuer

 

Retrouver du sens

 

Si on se trouve des bonnes excuses, si on n’a pas le temps, si on a la trouille, ce n’est pas pour rien. C’est qu’il y a un bug dans le système. Probablement plusieurs d’ailleurs.

La première étape, selon moi, avant de déterminer si on lâche tout, ou pas, c’est de se rappeler le pourquoi. Pourquoi a-t-on lancé la machine ? Quelles valeurs nous portaient à ce moment-là ? Est-ce qu’on se reconnaît toujours dans ces valeurs ? Est-ce qu’elles nous portent toujours ? On peut aussi très bien avoir été porté.e par de mauvaises raisons. Je ne parle pas ici de questions morales, je parle plutôt de motivations vides de sens. Un bon exemple serait de faire quelque chose parce que d’autres le font. Ça a l’air bien, ou ça à l’air porteur, donc pourquoi pas moi ? C’est un raisonnement assez commun. Seulement ça ne suffit généralement pas dans la durée.

Être honnête avec soi

 

Et être indulgent aussi. Ce n’est pas parce qu’on a laissé tomber (provisoirement ou définitivement) que l’on doit se faire des reproches. C’est plutôt un moyen de découvrir tout un tas de choses sur soi. J’ai, par exemple, découvert que mon besoin viscéral d’authenticité, de vrai, était bien plus fort que je le croyais. Je le connaissais, il est au cœur de ma personnalité et du projet « Les Makeuses », mais quelquefois, il me dépasse. Petit rappel : je m’étais fixé un rythme de publication très soutenu. Or, je ne suis à l’aise à 100% qu’avec le contenu que je produis et que je juge original. Or, pour écrire beaucoup (plus qu’on est réellement en mesure de le faire), il faut suivre le mouvement ou rabâcher. Poster souvent, c’est ne pas prendre de recul et ne plus pouvoir puiser la richesse en soi. Aux premiers signes de baisse de qualité de mon contenu, j’ai commencé à bloquer, et je n’ai plus posté ces textes restés en brouillon dans mon cahier et qui n’en sortiront pas.

Moins flatteur, j’ai aussi appris que j’avais des périodes creuses niveau créativité. Il faut dire que c’est mon gagne-pain et mes ressources ne sont pas inépuisables. Le bon côté de la chose, c’est que j’ai appris, durant ces derniers mois, à profiter de ces moments de creux et j’ai découvert comment enrichir mon petit univers pour que les idées toquent de nouveau à la porte.

Faire ce qu’il faut pour que ça marche

 

Prendre conscience de tout ça permet évidemment d’y voir plus clair.

A cette étape, le choix peut être évident : STOP, on arrête. On a mal lu le panneau, on file dans la mauvaise direction, on change de voie. Auquel cas, pas de regret, les enseignements sont si riches qu’ils ne laissent pas de place à la tristitude.

L’autre choix, et c’est celui qui m’a semblé le plus approprié dans mon cas : on continue mais sans entrave personnelle. Pas de syndrome du chien fou, pas de dissonance avec ses valeurs, que du kiff !

J’ai donc choisi une voie médiane entre le « je fais tout » et le « je fais rien » : le « je fais ce que je veux ». Quelqu’un qui s’est découvert.e peu organisé.e pourra par exemple mettre en place une planification ou automatiser des tâches. Quelqu’un qui n’aime pas communiquer sur les réseaux sociaux pourra trouver d’autres canaux de communication qui fonctionneront différent mais tout aussi bien.

Des ajustements raisonnables sont toujours possibles. Evidemment, il peut arriver que des circonstances extérieures aient un impact sur votre projet, mais le cheminement de votre pensée devrait vous permettre de constater que vous avez plus de prises que vous ne le pensiez sur la situation.

Je vous conseille l’excellent podcast de Clotide Dusoulier « Change ma vie ». Elle développe notamment une thématique très intéressante : l’indépendance émotionnelle, c’est passionnant.

Je ne peux pas m’empêcher de partager cette citation de Nelson Mandela qui est archivé vue et revue mais qui résonne beaucoup en moi : « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends ».

 

 

J’ai choisi de vous livrer en toute transparence cet épisode sur les derniers mois des Makeuses car c’est un impondérable de celles et ceux qui entreprennent et ce, à plus ou moins forte magnitude. J’espère que cette aventure vous a plu. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques, conseils, avis, suggestions, idées en commentaire de l’article de blog ou sur les réseaux sociaux, c’est ce qui fera grandir ce joli projet.

En attendant, je vous dis à très bientôt sur lesmakeuses.com. Bye !